Un prix au m², un chantier de détails
Pour un carreleur, une salle de bain n’est pas une surface : c’est une dépose, un ragréage ou une chape, une étanchéité, la pose, les coupes autour du receveur, les joints, les plinthes, les barres de seuil. Un devis qui ne dit que « fourniture et pose, 12 m² » laisse chacun imaginer le reste.
Le temps administratif part dans les surfaces pièce par pièce, dans les variantes (grès cérame ou faïence, format, calepinage) et dans les réclamations après pose. Le client regarde les joints le jour de la réception : mieux vaut que le devis ait déjà dit ce qui est fourni.
Surfaces et chutes : écrire sa règle
Nous n’avons trouvé aucun texte officiel qui fixe un pourcentage de chutes ou une méthode de métré pour le carrelage. C’est une règle de métier, donc la vôtre : écrivez-la. Fournissez-vous les carreaux ? Précisez la quantité commandée et le sort du surplus. Le client les fournit-il ? Le devis ne porte alors que la pose, et il faut l’écrire noir sur blanc.
Une pièce carrelée du sol au plafond, ce sont au moins deux lignes : le sol et les murs, parfois dans deux formats ou deux références. Distinguez-les, le client comparera votre devis à un autre en les voyant séparément.
- la surface posée, pièce par pièce, et la manière dont les ouvertures sont déduites ;
- le format et le sens de pose, qui changent les coupes ;
- les plinthes, barres de seuil et profilés d’angle, au mètre linéaire ;
- les joints : produit, couleur, largeur ;
- l’évacuation de l’ancien carrelage et des gravats.
Les DTU du carrelage
Selon la boutique du CSTB, le lot « Carrelages » regroupe le NF DTU 52.1 (revêtements de sol scellés), le NF DTU 52.2 (pose collée des revêtements céramiques et assimilés, pierres naturelles) et le NF DTU 52.10 (sous-couches isolantes sous chape, dalle flottante ou carrelage scellé). Le CSTB y ajoute, comme référentiel complémentaire, des cahiers des prescriptions techniques issus des avis techniques.
La source consultée ne dit pas si un DTU s’impose à vous, et nous n’avons pas lu leur texte. Si votre devis s’y réfère, écrivez lequel. Pour les grands formats, regardez la version en vigueur du NF DTU 52.2 avant de promettre une pose collée.
Un chantier dans la seule salle de bain du logement
Dites au client pendant combien de temps il sera privé de sa pièce et à partir de quand il pourra l’utiliser : séchage de la colle, des joints, mise en eau. Ces durées dépendent des produits, nous n’en donnons pas ; reprenez celles de leurs fiches techniques.
Pièces d’eau : l’étanchéité sous le carrelage
Dans une douche à l’italienne, ce que le client paie est surtout caché : le système d’étanchéité sous le carrelage. Chaque procédé d’étanchéité sous carrelage a sa notice de mise en œuvre. Appliquez-la à la lettre et écrivez le nom du procédé sur le devis.
Ce que votre assurance couvre pour la pose d’une étanchéité sous carrelage, et sous quelles conditions de formation ou de procédé, nous ne l’affirmons pas : posez la question à votre assureur avant de proposer cette ligne, et demandez-lui sa réponse par écrit.
Sol chauffant : la mise en chauffe avant la pose
Selon un dossier de la FFB de 2018, la mise en chauffe avant la pose du revêtement est obligatoire pour les planchers chauffants à eau de type A. Elle est facultative pour les planchers de type C et pour ceux de type A à revêtements scellés désolidarisés. Elle consiste à élever progressivement la température de la couche d’enrobage, au moins 14 jours après la réalisation d’une dalle béton selon le NF DTU 65.14, 21 selon la norme européenne.
Le dossier ne dit pas qui la réalise : il s’adresse aux maçons, aux chauffagistes et aux revêteurs de sol. Cette page date de 2018, relisez le DTU en vigueur. En pratique, demandez que la mise en chauffe ait été faite avant d’ouvrir un sac de colle, et notez-le dans le dossier du client.
Carreau qui se décolle, douche qui fuit
Les garanties légales courent à partir de la réception (le guide du procès-verbal de réception les détaille). La biennale vise les éléments d’équipement dissociables, la décennale les dommages qui compromettent la solidité ou rendent l’ouvrage impropre à sa destination. C’est la nature du désordre qui décide, pas le métier.
Un arrêt non publié de la Cour de cassation du 27 janvier 2015 l’illustre. Un carrelage de terrasse s’était décollé ; la cour d’appel avait retenu la biennale, délai de deux ans dépassé, et n’avait laissé que la responsabilité contractuelle de droit commun. La Cour de cassation lui reproche de ne pas avoir cherché si le décollement rendait la terrasse impropre à sa destination. Elle n’a pas dit que la décennale s’appliquait, seulement que le critère devait être examiné. Pour votre cas, voyez votre assureur.
La réception, avec ses réserves
Le carreleur est souvent l’un des derniers sur le chantier, et la réception se fait au sol : planéité, calepinage, joints, coupes autour des siphons. Notez les réserves le jour même, sur un procès-verbal daté et signé des deux parties, et levez-les avant de réclamer le solde. L’application ne tient pas le procès-verbal ; votre modèle ou celui du guide fera l’affaire.
Ce que le client contrôle le jour de la réception
- la planéité, à la règle, et les ressauts entre deux pièces ;
- l’alignement et la largeur régulière des joints ;
- les coupes autour des siphons, des huisseries et des tuyaux ;
- l’état des carreaux : éclats, écarts de teinte entre lots ;
- le seuil, le rendu des plinthes et la propreté du chantier.
La TVA d’un chantier de carrelage
Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, la pose de carrelage relève du taux de 10 %, avec la certification du client sur le devis ou la facture ; sinon, 20 % sur l’ensemble. Si le client achète lui-même le carrelage, votre devis ne porte que la pose : service-public.fr précise, pour les équipements achetés directement par un particulier, que seule la pose peut bénéficier du taux réduit. Les conditions complètes sont dans l’outil sur les taux de TVA des travaux.
Comment Claudiassist s’y prend avec un carreleur
- Votre catalogue ne se limite pas à « pose au m² » : dépose, ragréage, étanchéité, plinthes et barres de seuil y ont chacun leur unité et leur désignation.
- La quantité d’une ligne accepte un calcul tapé tel quel, par exemple une largeur fois une longueur : 2,4*3,6.
- Une pièce en plus en cours de route ? Un avenant au devis accepté, avec sa propre série de factures.
- Le profil porte l’attestation de décennale si votre activité y est soumise : elle s’annexe aux devis, et l’émission est bloquée si elle manque.
- Les photos du support avant pose, du système d’étanchéité et des joints finis se rangent dans le dossier du client : utile le jour d’une réclamation.
- À l’acceptation, vous pouvez facturer un acompte pour la commande des carreaux, puis le solde à la réception.
- Le devis dicté sur le mobile en sortant de la salle de bain : l’assistant reprend vos prix ou ceux du catalogue, vous relisez et validez. La dictée demande l’offre Solo ou supérieure ; décrire le devis à l’écrit est possible dès Essentiel.
- Les devis sans réponse sont relancés automatiquement si vous l’activez.
Ce que le carreleur tient à la main
Pas de calculateur de métré ni de plan de calepinage. Pas de procès-verbal de réception, ni de suivi d’étapes de chantier, ni de photos classées par étape. Le choix du procédé d’étanchéité, de la colle et du taux de TVA reste le vôtre, comme la certification demandée au client.