Où part le temps d’un peintre
Un peintre vend de la surface, mais la même pièce demande une demi-journée ou trois jours selon l’état des supports. Le client compare des « murs à peindre » ; vous savez qu’il faut reboucher, poncer, enduire, protéger. C’est pour cela que le devis détaille.
L’administratif se perd à quatre endroits : retaper à chaque devis la même liste (protection, préparation, deux couches, plafond, boiseries, nettoyage), recalculer les surfaces au retour de la visite, répondre à qui veut « juste un prix » avant d’avoir vu le chantier, et relancer le devis resté sans réponse.
Ce que le NF DTU 59.1 permet d’écrire
La FFB présente le NF DTU 59.1 « Travaux de peinture » comme une pièce de marché à part entière. Son dossier sur la délimitation des prestations donne des repères que vous pouvez reprendre dans vos devis. Ils viennent de ce dossier, pas du texte du DTU, que nous n’avons pas consulté.
- Teintes : pour un chantier de moins de 1 000 m² de peinture, quatre teintes au plus. Par pièce, une teinte au plafond, deux aux murs, une au plus aux menuiseries. Au-delà, prévoyez de chiffrer en plus.
- Locaux : propres, accessibles, hors d’eau, débarrassés des gravats des autres corps d’état, et réservés au peintre pendant ses travaux, séchage compris.
- Nettoyage de fin de chantier : pas dû systématiquement. S’il est fait par le peintre, il se chiffre.
- Mastics d’étanchéité entre huisseries et bâti : non compris, sauf disposition contraire du marché.
Reste un point qui se joue avant votre arrivée. Selon la FFB, le nettoyage de la zone par les autres corps d’état est impératif avant le passage du peintre. Si le plaquiste ou le carreleur laisse des gravats, une photo prise en arrivant et rangée dans le dossier vous donne de quoi en discuter avec le client.
Ce qu’on note pendant la visite
Fissures et traces d’humidité, anciens papiers peints ou enduits, hauteur sous plafond, radiateurs et boiseries à déposer, mobilier, accès à la façade. Notez aussi l’année de construction du logement : elle décide des deux sections suivantes.
Un logement qui reste occupé
Beaucoup de chantiers de peinture se font chez des gens qui y vivent. Écrivez ce que vous déplacez et ce que le client libère, l’ordre des pièces, le temps de séchage avant la remise en place des meubles. Le client lit ces lignes comme un engagement : mieux vaut qu’elles soient celles que vous tiendrez.
Logement ancien : plomb et amiante
Selon l’article R1334-13 du code de la santé publique, des travaux qui dégagent des poussières dans un logement construit avant le 1er janvier 1949 sont présumés à risque quand les occupants ne sont pas assez protégés. Un constat de risque d’exposition au plomb, ou une analyse des poussières, lève la présomption. Selon le ministère de l’Écologie, le propriétaire doit remettre ce constat aux intervenants quand il révèle du plomb dégradé.
Demandez donc le constat avant de poncer. Les précautions techniques d’un chantier de ponçage ne sont pas détaillées par ces sources : nous ne les écrivons pas. Prenez-les avec votre organisme de prévention.
Pour l’amiante, l’article L4412-2 du code du travail oblige le donneur d’ordre, le maître d’ouvrage ou le propriétaire à faire rechercher sa présence avant toute opération qui expose des travailleurs, et à joindre le résultat au dossier remis aux entreprises. Les conditions et les exemptions relèvent d’un décret que nous n’avons pas dépouillé : avant de gratter d’anciens enduits ou revêtements, réclamez le repérage au client.
Façade : autorisation, échafaudage, décennale
Faut-il une déclaration préalable ?
Selon service-public.fr, un ravalement ou une peinture à l’identique est dispensé d’autorisation. Un changement de couleur ou de matériaux impose une déclaration préalable. Elle est aussi requise, même à l’identique, en secteur protégé, sur un immeuble protégé ou dans une commune qui a soumis le ravalement à autorisation. Une isolation par l’extérieur y est toujours soumise. Demandez au client la décision avant d’ouvrir le chantier.
L’échafaudage
L’article R4323-69 du code du travail impose que le montage, le démontage ou la modification d’un échafaudage se fassent sous la direction d’une personne compétente, par des travailleurs formés à ces opérations. Faites apparaître l’échafaudage sur une ligne à part, en précisant qui le monte.
La décennale d’un ravalement
La CAPEB range la peinture décorative hors décennale, et la protection ou l’imperméabilisation de façade dedans. Elle ajoute que les peintres qui ravalent à l’extérieur sont souvent concernés. Selon service-public.fr, l’attestation d’assurance se remet avant l’ouverture du chantier et se joint aux devis et factures. Ce que couvre votre contrat pour un ravalement donné : demandez-le à votre assureur.
Pots, solvants, chiffons
Un déchet est dangereux s’il présente une propriété de danger, par exemple inflammable ou irritant, et un déchet non dangereux qui en contient un le devient (service-public.fr). L’entreprise reste responsable de ses déchets jusqu’à leur élimination ; les dangereux se suivent par bordereau Trackdéchets. Une peinture est-elle dangereuse ? Cela se lit produit par produit, sur l’étiquette. Pour la mention sur le devis, voir déchets et devis de travaux : son application à un petit dépannage n’est pas tranchée.
La TVA d’un chantier de peinture
Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, la peinture relève du taux de 10 %, à condition que le client le certifie sur le devis ou la facture. Le BOFiP écarte du taux réduit les travaux qui remettent le logement à l’état neuf : sur un gros chantier, vérifiez-le. Pour une petite réparation de moins de 1 000 € TTC, la mention de certification n’est pas exigée, mais le devis ou la facture porte le nom et l’adresse du client, l’adresse de l’immeuble, la nature des travaux et le fait que le logement est achevé depuis plus de deux ans. Le détail est dans l’outil sur les taux de TVA des travaux.
Un devis de ravalement, ligne par ligne
Voici les lignes d’un ravalement de façade, sans prix : à chacun son tarif. L’exemple chiffré d’une pièce intérieure est dans l’exemple de devis de peintre.
De la visite à la facture, dans Claudiassist
- Vos prestations (préparation, deux couches, plafond, boiseries, nettoyage) se rangent une fois dans le catalogue avec leur unité, m², ml ou forfait. Une quantité accepte un calcul tapé tel quel, par exemple la largeur d’un mur fois sa hauteur.
- Au retour de la visite, sur le mobile, dictez ou décrivez le devis. L’assistant reprend vos prix dits ou ceux du catalogue, jamais un prix de son cru ; une ligne qu’il laisse à 0 € bloque l’émission tant que vous ne l’avez pas chiffrée. La dictée demande l’offre Solo ou supérieure ; décrire le devis à l’écrit est possible dès Essentiel.
- Pour un chantier qui ressemble à un précédent, partez d’un devis similaire : ses lignes reviennent à vos prix.
- La case « activité soumise à la décennale » du profil et l’attestation téléversée font annexer l’attestation au PDF, et l’émission est bloquée si elle manque.
- Les photos des supports prises à la visite se rangent dans le dossier du client, avec le devis. Les jours de chantier, séchage compris, se placent à l’agenda, rattachés au même dossier.
- Sur un ravalement long, le devis accepté donne des factures de situation ; voir la facture de situation. Les relances de devis restés sans réponse sont automatiques si vous les activez.
Ce que Claudiassist ne mesure pas pour vous
Pas de calculateur de métré : vous mesurez, la ligne multiplie. Le nombre de teintes, la préparation et le nettoyage restent à écrire dans la désignation. La certification de la TVA par le client, le choix du taux et le repérage plomb ou amiante restent votre vigilance. Il n’y a pas non plus de procès-verbal de réception dans l’application : voir le guide du PV de réception pour le tenir à la main.