De la prise de courant au tableau complet
Votre métier mélange deux rythmes. Le petit ouvrage (une prise, un point lumineux, une recherche de panne) se chiffre en dix minutes mais revient dix fois par semaine, et on retape les mêmes lignes. La rénovation d’un logement entier demande l’inverse : un devis long, par pièces et par circuits, où la difficulté est de savoir ce qui est inclus, ce qui ne l’est pas, et de ne pas promettre ce que le chantier ne livrera pas.
Chez un particulier, l’électricité figure à l’annexe de l’arrêté du 24 janvier 2017 : un dépannage, une réparation ou un entretien appelle un devis préalable, quel que soit le montant. Les lignes usuelles : point lumineux et prise à l’unité, tableau au forfait, câblage au mètre, recherche de panne à l’heure. Le devis d’exemple de l’électricien les détaille pour deux prises et un point lumineux.
La recherche de panne, le poste le plus difficile à chiffrer
On ne sait pas d’avance si le défaut est dans le tableau, dans une boîte de dérivation ou dans l’appareil du client. Écrivez le temps estimé, le mode de décompte au-delà, et ce que le client décide si la cause n’est pas trouvée au bout du créneau. Si la réparation change de nature en cours de route, reprenez un devis avant de continuer : l’arrêté demande de décrire la nature exacte de la réparation, et le client ne doit pas découvrir sur la facture un travail qu’il n’a pas accepté.
Attestation de conformité et Consuel : ne pas promettre à tort
D’après l’article D342-19 du code de l’énergie, l’attestation de conformité est exigée avant la mise sous tension par le distributeur pour une installation nouvelle, pour une production de moins de 250 kVA raccordée au réseau qui modifie l’installation intérieure, et pour une installation entièrement rénovée dont le distributeur a coupé le courant à la demande du client. Elle est établie et signée par l’auteur des travaux, puis visée par un organisme agréé.
Pour une rénovation partielle, ou faite sans coupure du distributeur, l’attestation est facultative : elle se fait si le maître d’ouvrage la demande, et elle liste alors les circuits couverts et ceux qui ne le sont pas. Écrire « attestation Consuel incluse » sur tous vos devis revient à promettre ce que la loi n’exige pas toujours, et à vous charger d’un travail non chiffré.
Quatre couleurs, quatre usages
Bornes de recharge : deux questions distinctes
La première est votre qualification. Selon l’article D353-2 du code de l’énergie, une borne est installée par des professionnels habilités au sens du code du travail (article R4544-9) et, pour une infrastructure de plus de 3,7 kW ou accessible au public, par un professionnel titulaire d’une qualification délivrée par un organisme agréé.
La seconde est l’attestation de Consuel. Selon la page que Consuel consacre aux bornes, elle est obligatoire pour toute nouvelle borne dans un bâtiment d’habitation collectif ; ailleurs, seulement au-delà de 36 kW. Pour modifier une borne existante, elle l’est si l’ajout de points de charge dépasse 36 kW ou si le point de livraison passe de la puissance limitée à la puissance surveillée. Ces règles sont récentes (décret du 4 mai 2021) : relisez la page de Consuel le jour où vous chiffrez.
La norme NF C 15-100, ce qu’elle dit et ne dit pas
Pour les bâtiments d’habitation neufs, l’arrêté du 3 août 2016 présume qu’une installation réalisée selon la norme NF C 15-100 satisfait à ses objectifs de sécurité. Consuel indique que la nouvelle série d’août 2024 s’applique dès que l’une des dates de référence du dossier (permis ou déclaration préalable, signature du marché, accusé de réception de commande) est postérieure au 31 août 2025 : vérifiez les dates de votre chantier avant de citer une édition.
Pour un logement existant, le ministère de la Transition écologique juge difficilement envisageable de le mettre en conformité avec les règles actuelles. Conséquence pratique, qui est un conseil et non un texte : décrivez ce que vous remplacez (« tableau de 12 modules, différentiels, liaison équipotentielle ») plutôt que d’écrire « mise aux normes », que le client lira comme un logement entièrement conforme.
Habilitation et assurance
Un salarié qui intervient sur une installation ou à son voisinage doit être habilité, titre délivré par l’employeur après formation (code du travail, articles R4544-9 à R4544-11). Le travailleur indépendant n’a pas cette obligation, mais doit connaître les risques électriques au niveau d’un salarié habilité et pouvoir le prouver (article R4535-12) ; un donneur d’ordre peut lui en demander l’attestation de formation.
La décennale se joint au devis et à la facture quand vos travaux y sont soumis. Un ajout sur une installation existante n’est pas toujours traité comme un ouvrage neuf : les éléments sont dans l’exemple de devis d’électricien. Interrogez votre assureur et indiquez le régime sur le devis.
Dans Claudiassist : une semaine de petits chantiers
- Le catalogue garde la prise fournie et posée, le point lumineux, le forfait de remplacement de tableau, le câblage au mètre, l’heure de recherche de panne. Chaque devis les reprend avec leur TVA.
- Au pied du tableau, vous dictez : « Prépare un devis pour M. Garnier, trois prises, un point lumineux et douze mètres de câble ». L’assistant monte le brouillon avec les prix de votre catalogue ; ce qui n’y est pas reste à chiffrer par vous, et rien ne part sans votre relecture. La dictée demande l’offre Solo ou supérieure ; décrire le devis à l’écrit est possible dès Essentiel.
- Une photo du tableau existant, prise avant d’y toucher, rejoint le dossier depuis le mobile. Elle fixe l’état de départ, utile le jour où un client conteste ce qui était déjà là.
- Une ligne « Attestation de conformité » peut vivre dans le catalogue, pour les chantiers où vous la facturez. La démarche auprès de Consuel reste la vôtre : Claudiassist ne la fait pas.
- Pour une rénovation complète, un dossier réunit devis, facture d’acompte, factures de situation ligne par ligne et solde, avec la retenue de garantie suivie le cas échéant. Les relances d’un devis sans réponse ou d’une facture impayée partent si vous les avez activées.
- Les demandes de dépannage arrivent dans une boîte unique triée par l’assistant, avec un brouillon de réponse que vous validez avant l’envoi.
Un devis type pour une rénovation partielle
La TVA d’un électricien
Dans un logement de plus de deux ans, 10 % avec la certification du client sur le devis, 20 % sans elle (le guide). Deux cas sortent de l’ordinaire. Les panneaux photovoltaïques jusqu’à 9 kW, pour un logement, avec une électricité consommée sur place et un installateur certifié, figurent parmi les travaux à 5,5 % de la fiche de service-public.fr. Pour la borne de recharge, la même fiche ne donne pas de taux propre : n’appliquez pas un taux réduit sans l’avoir fait confirmer par votre expert-comptable. Pour vérifier un cas précis, l’outil taux de TVA des travaux déroule le questionnaire.
Ce qui reste à votre charge
- La démarche Consuel (commande, visa, envoi au gestionnaire de réseau) et la signature de l’attestation.
- Le contrôle technique de l’installation : Claudiassist vérifie les mentions du devis, pas la conformité d’un tableau.
- L’habilitation de vos salariés et la preuve de votre propre formation si un donneur d’ordre la demande.
- Le bon d’intervention signé au départ et la liste de matériel à commander ne sont pas encore dans l’application ; le métré non plus.
- Le choix du taux de TVA et de la durée de validité, qui restent à votre vigilance.