Une journée de plombier, côté papier
Le matin, une fuite sous un évier. L’après-midi, un ballon d’eau chaude à remplacer. Entre les deux, un appel pour un débouchage. Chaque intervention se chiffre debout, dans un couloir ou sur un palier, avec des fournitures dont le prix du jour n’est pas toujours en tête. Le temps administratif se perd à deux endroits : le devis qu’on refait le soir de mémoire, et les tickets de négoce qui dorment au fond de la camionnette jusqu’à la fin du mois.
Ce que vous chiffrez revient d’un client à l’autre : un déplacement, une heure de main-d’œuvre, un forfait de débouchage, une recherche de fuite, un appareil fourni et posé, quelques mètres de tuyauterie. Aucun texte ne liste ces lignes, c’est l’usage de la profession ; l’exemple de devis de plombier les détaille pour un remplacement de mitigeur.
Le dépannage chez un particulier : le texte qui vous concerne
La plomberie-sanitaire figure à l’annexe de l’arrêté du 24 janvier 2017, de même que l’étanchéité (la recherche de fuite y est nommée) et le débouchage des canalisations. Pour ces prestations de dépannage, de réparation et d’entretien chez un particulier, le devis est préalable et obligatoire, sans seuil de montant. Il décrit la nature exacte de la réparation, les quantités et les prix, les frais de déplacement, les totaux HT et TTC, la durée de validité et le caractère gratuit ou payant. Il informe aussi le client qu’il peut garder les pièces remplacées.
Sans devis, la fiche de service-public.fr sur le dépannage à domicile annonce une amende administrative allant jusqu’à 3 000 € pour un entrepreneur individuel et 15 000 € pour une société. Le détail des mentions est dans les mentions obligatoires d’un devis.
Un devis peut être payant, à condition que le client en soit informé à l’avance, avec son prix. Si la fuite exige de chercher l’origine du mal avant de pouvoir chiffrer, dites-le dès l’appel et écrivez-le sur le devis, qui doit de toute façon préciser s’il est gratuit ou payant.
L’urgence, la rétractation et l’acompte
Un devis signé chez le client est un contrat conclu hors établissement : le client dispose en principe de 14 jours pour se rétracter, et aucun paiement ne peut être demandé avant 7 jours. Pour une réparation urgente, expressément demandée par le client à son domicile, le code de la consommation écarte la rétractation (article L221-28, 8°) et, selon service-public.fr, l’interdiction de payer avant 7 jours ne joue pas non plus. Le texte ajoute une limite : les pièces et les travaux strictement nécessaires pour répondre à l’urgence.
Concrètement, une canalisation colmatée relève de l’urgence. Le remplacement du ballon qui ne fuyait pas, ou la reprise de la salle de bains pendant que vous y êtes, en sort. Où passe exactement la ligne, cela dépend du cas : si vous hésitez, n’encaissez rien avant le septième jour (voir acompte ou arrhes).
Quand le dépannage devient un chantier
Une salle de bains à refaire n’a plus rien d’un dépannage : plusieurs lots (dépose, alimentations, évacuations, appareils, finitions), plusieurs semaines, souvent un carreleur et un électricien derrière vous. Le devis se découpe alors en lots, pour que le client comprenne ce qu’il paie et pour que les factures de situation suivent l’avancement. La réception des travaux ouvre le point de départ des garanties : pensez dès le devis au procès-verbal de réception et, si vous la prévoyez, à la retenue de garantie.
Qualification, assurance et fluides frigorigènes
La plomberie est un métier réglementé : sans CAP, brevet professionnel ou diplôme de niveau équivalent, ou trois ans d’expérience attestés par la chambre de métiers, l’exercice est illégal et puni de 7 500 € d’amende (fiche service-public.fr du plombier).
Pour la décennale, la même fiche vise les chantiers de gros œuvre et cite, comme éléments indissociables du bâtiment, le chauffe-eau, la pompe à chaleur et la climatisation. Un débouchage ou un changement de robinetterie ne se pose pas dans les mêmes termes, et les sources divergent sur certains appareils. Demandez à votre assureur ce qui est couvert et écrivez sur le devis le régime qui vous concerne : quand elle s’applique, l’attestation se joint au devis et à la facture.
Si vous posez ou entretenez une pompe à chaleur ou une climatisation, intervenir sur le circuit frigorifique suppose un opérateur titulaire de l’attestation de capacité (code de l’environnement, article R543-78). Le détail se trouve sur la page du chauffagiste.
Une tournée de dépannages dans Claudiassist
- Le catalogue garde, une fois pour toutes, votre forfait de déplacement, votre heure de main-d’œuvre, le forfait de débouchage, la recherche de fuite et les appareils que vous posez souvent, avec leur prix et leur TVA. Le devis reprend ces lignes en un geste.
- Dans la camionnette, vous dictez : « Prépare un devis pour Mme Roux, recherche de fuite une heure et demie, et le déplacement ». L’assistant prépare le brouillon aux prix de votre catalogue. Ce qui n’y figure pas reste à chiffrer par vous, et vous relisez avant d’émettre. La dictée demande l’offre Solo ou supérieure ; décrire le devis à l’écrit est possible dès Essentiel.
- Sur place, dans l’application mobile, « Faire signer le client » ouvre un écran écrit pour lui : montant, « bon pour accord », signature au doigt. Pour un particulier hors de vos locaux, l’écran rappelle le délai de rétractation et l’interdiction de paiement, et recueille sa demande d’exécution anticipée. Il trace la demande du client ; il ne qualifie pas l’urgence à votre place.
- Les photos de l’installation avant et après, de la plaque de l’appareil, se prennent depuis le mobile et rejoignent le dossier. En cave ou en sous-sol, sans réseau, elles sont gardées sur le téléphone et partent au retour du signal.
- Les fournitures : photographiez le ticket du négoce, il devient une dépense. Rattachée à un dossier, elle peut être marquée « refacturable au client ». Quand un document fournisseur reçu montre un nouveau prix d’achat, le catalogue propose un prix de vente qui garde votre marge ; vous acceptez ou vous gardez le vôtre.
- Pour un chantier de salle de bains, le devis accepté donne une facture d’acompte, des factures de situation ligne par ligne, puis le solde, avec la retenue de garantie suivie. Les relances de devis et de factures impayées partent seulement si vous les avez activées.
Les lignes types d’un devis de plombier
La TVA, côté plomberie
Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, les travaux d’amélioration et d’entretien sont à 10 % si le client le certifie sur le devis ; sans cette certification, le taux normal s’applique à l’ensemble. Le point propre à votre métier est la fourniture : la fiche de service-public.fr range l’installation de sanitaires et de climatisation parmi les cas où une part de la facture, celle des équipements fournis, n’est pas au taux réduit. Le partage entre fourniture et pose dépend du cas, faites-le valider par votre expert-comptable. L’outil taux de TVA des travaux pose les questions dans l’ordre, et le guide de la TVA des travaux détaille la certification.
Ce qui reste à votre charge
- Le bon d’intervention signé à la fin du dépannage n’existe pas encore dans Claudiassist. Vous gardez votre carnet ou votre document habituel, et la photo de la page rejoint le dossier.
- Le taux horaire TTC et l’information sur les pièces remplacées relèvent de votre vigilance : le contrôle avant émission porte sur les principales mentions légales, pas sur toutes celles de l’arrêté.
- La liste des pièces à commander pour un chantier ne se génère pas encore depuis le devis.
- Décider si une intervention est urgente, choisir le taux de TVA et savoir si votre décennale couvre l’appareil restent des décisions à vous.